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Discours du Chargé d’Affaires, p.i., Robert P. Jackson
Réunion AmCham
At Hyatt Regency Hotel, le 27 mars 2009, 9h00

 

 

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs,

 

 C’est un grand plaisir pour moi d’être avec vous ce matin pour parler des échanges commerciaux et des investissements entre les Etats-Unis et le Maroc. Mon intervention sera brève, ce qui permettra de laisser plus de temps pour l’échange d’idées et de réflexions sur les moyens d’appuyer davantage et d’améliorer les échanges commerciaux et les investissements entre les Etats-Unis et le Maroc.

 Au cours des trois années qui se sont écoulées depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier 2006, de l’Accord de Libre Echange entre les Etats-Unis et le Maroc, le commerce dans les deux sens a plus que doublé, un nombre plus élevé d’investisseurs américains ont établi une présence au Maroc dans de nombreux secteurs de l’industrie, et le gouvernement américain a fortement investi dans l’appui technique ciblé et le renforcement des capacités pour veiller à ce que le Maroc bénéficie aussi du partenariat commercial.

 Bien que nous parlons souvent du libre échange comme si c’était quelque chose de LIBRE …libre de complications et de risques, il s’agit en réalité de quelque chose qui nécessite un dur labeur, du sacrifice, de l’adaptabilité et de l’ajustement, des investissements renouvelés, et un esprit entrepreneurial. 

 Les deux partenaires commerciaux ont parcouru un long chemin pour s’adapter mutuellement à la culture, à la langue, aux lois, réglementations et spécifications techniques de l’autre.

 La courbe d’apprentissage a été très escarpée, spécialement au début et particulièrement pour le pays qui essaie d’accéder au marché américain, parce que si les Etats-Unis sont le plus grand marché consommateur du monde (je pense que nous pouvons encore l’affirmer), il s’agit aussi de l’un des marchés les plus compétitifs, saturés et stimulants parce que les fabricants à travers le monde ont réussi à produire des marchandises de la meilleure qualité aux prix les plus bas et ont établi leurs réseaux de distribution et leurs niches aux Etats-Unis. Les firmes marocaines ont dû concourir avec le reste de la communauté commercial mondiale pour une part du marché américain, et certaines d’entre elles y ont très bien réussi.

 Vous pourriez demander, “Pourquoi prendre la peine d’exporter aux Etats-Unis si vous avez déjà conquis des marchés en Europe ?”  J’ai trois raisons principales à proposer : 1) il ne faut jamais mettre tous ses œufs dans le même panier, ce qui veut dire la diversification d’acheteurs et de vendeurs a un sens, 2) le marché européen est de plus en plus saturé par des marchandises à bas prix provenant de l’Asie et d’autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (particulièrement en ce qui concerne le secteur textile), ce qui contribuerait à la conquête  des parts de marché ailleurs, et 3) nous avons témoigné une tendance accrue des entreprises à la fois marocaines et américaines cherchant  à trouver la manière  de réussir à commercer ensemble et nous pensons que la réussite appelle la réussite, ce qui indique que la tendance se poursuivra, quoique sous des conditions  plus difficiles en raison de la crise mondiale.

 Diapositive 1.  Cette première diapositive  montre l’augmentation des échanges commerciaux bilatéraux intégrés. Une augmentation positive et importante d’après les chiffres du Census Bureau aux Etats-Unis. Le total des échanges commerciaux bilatéraux était en moyenne environ un milliard de dollars, soit près d’un demi milliard de dollars de chaque côté. 

 La deuxième diapositive montre la croissance des exportations américaines vers le Maroc. Après l’entrée en vigueur de l’Accord de Libre-échange, nous remarquons une augmentation significative, due en partie à la vente de nombreux avions Boeing, ainsi qu’aux exportations de blé et de céréales en raison des récoltes relativement faibles. Cependant, d’autres secteurs ont également bénéficié de l’Accord. La valeur faible du dollar a également contribué à rendre les prix des produits américains plus attractifs.

 La troisième diapositive montre seulement les exportations des produits agricoles des Etats-Unis, ce qui fait qu’ils ne représentent qu’une partie de l’image.

 La quatrième diapositive reflète les exportations marocaines vers les Etats-Unis. La tendance au début de l’année 2006 n’était pas aussi importante ni aussi positive que les chiffres relatifs au commerce américain. Néanmoins, le pourcentage des exportations marocaines vers les Etats-Unis a sensiblement augmenté en 2008. Effectivement, ce résultat est en partie grâce aux exportations de phosphates et d’engrais de l’OCP aux Etats-Unis. Par ailleurs, l’augmentation a également touché d’autres secteurs !

 Diapositive 5 met l’accent sur les exportations des produits agricoles du Maroc vers les Etats-Unis, et vous pouvez constater qu’il y a eu une croissance régulière. Les exportations marocaines des produits agricoles et alimentaires ont atteint une excellente réceptivité sur le marché américain depuis 2006. En début 2009, les données sur le commerce des produits agricoles montrent que la tendance des échanges bilatéraux est en faveur du Maroc.

 Diapositive 6 met l’accent sur les importations marocaines des produits agricoles durant les 11 premiers mois de 2008.

Diapositive 7montre la tendance des investissements américains au Maroc. Il s’agit là d’un résultat direct de la confiance américaine dans la libéralisation du commerce et du régime d’investissement au Maroc, de la stabilité du pays et du futur potentiel de croissance. De nouveaux investissements américains ont été réalisés dans des secteurs multiples (énumérés sur la diapositive avec des exemples), notamment l’exploitation minière (Emerging Capital Partners and Truffle Capital), les pièces automobiles (Delphi), et la haute technologie (Tessera). Par ailleurs, les firmes américaines soutiennent le secteur des franchises (TGIFridays), le tourisme (Colony Capital), l’emballage (International Paper), et l’expansion des services de délocalisations (DELL).

 Nous savons bien que la réussite n’est pas automatique et c’est pour cela que le gouvernement américain, à travers un certain nombre de différents organismes, a soutenu des programmes ciblés pour soutenir et assurer la réussite de l’Accord de Libre-échange. En plus des programmes techniques avec le gouvernement marocain, beaucoup d’entre eux étaient spécifiquement destinés à fournir une aide pratique aux entreprises marocaines afin de leur permettre d’accéder au marché américain. 

L’USAID, à travers le New Business Opportunity Program, a développé des contacts interentreprises entre les entreprises marocaines et américaines qui représentent pratiquement plus de 32 millions de dollars d’affaires. A ce jour, les entreprises marocaines bénéficiant de l’aide du programme NBO dans le secteur de la confection (textile et cuir) ont atteint 41.440.239 millions de dollars à partir des exportations vers les marchés américains.

 NBO a entrepris une vaste campagne de marketing aux Etats-Unis pour promouvoir les firmes marocaines et montrer les avantages d’entreprendre des affaires au Maroc.

 L’USAID a facilité la visite au Maroc de nombreux hommes d’affaires américains dans les secteurs du textile, des chaussures et de l’industrie alimentaire.

 L’USAID a travaillé sur une large série de réformes des politiques touchant plusieurs domaines en vue d’améliorer le climat des affaires au Maroc, et de le rendre plus favorable, c’est-à-dire, dans une certaine mesure plus rapide, transparent et professionnel pour les sociétés américaines désirant investir dans ce pays :

 Renforcement des capacités des tribunaux du commerce pour juger les cas de manière rapide et judicieuse.

Réforme sur les faillites

 Rationalisation des processus bureaucratiques et importante réduction de la durée de temps nécessaire aux investisseurs américains pour démarrer une entreprise au Maroc.

Amélioration des processus relatifs au transfert de biens et aux permis de construire.

Appui à la création d’alternatives viables de centres de résolution des conflits et mise en place de la première commission publique-privée de médiation et d’arbitrage.

 Renforcement des capacités en vue de maîtriser et d’appliquer les droits de la propriété intellectuelle à travers la formation des juges affectés aux tribunaux du commerce. 

 Le programme Agriculture et Agro-business Intégrés a été d’une très grande utilité et a aidé la société américaine "Mustapha's Fine Foods" basée à Seattle (WA) à surmonter les complexités d’obtention de crédit pour le financement d’une usine à Meknès.

 Un fournisseur marocain d’huiles d’olive marocaines de haute qualité a vendu pour plus de 115.000 dollars sur le marché américain.

Pour résumer, il semble que le secteur privé, avec l’appui des gouvernements américain et marocain, bénéficie en général de l’Accord de libreéchange. Il se peut que cet avantage ne soit pas ressenti de façon générale et uniforme par toutes les entreprises ; cependant, nos gouvernements demeurent engagés à soutenir vos efforts, et nous demeurons pleinement engagés au niveau politique et pratique pour résoudre les questions en suspens. Je saisirai cette opportunité pour annoncer qu’en mai prochain se tiendra à Washington la deuxième Revue de l’Accord de libre échange, et qu’en juin, nous envisageons de soutenir un Forum commercial prévu au Maroc pour discuter de la manière dont les avantages de l’Accord de libre échange pourraient atteindre un public plus large.

 Avant de clôturer, j’aimerais remercier Monsieur Chami d’avoir bien voulu nous accorder son temps et ses idées. J’aimerais également remercier Rabia El Alama et son équipe de la Chambre américaine du Commerce d’avoir organisé ce petit-déjeuner débat, et enfin, je voudrais vous remercier chaleureusement tous ensemble pour votre présence. J’attends donc avec impatience vos questions et commentaires.

 

 

 

 

 

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